Le dressage en compétition

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L’équitation est un sport qui peut se diviser en de nombreuses disciplines. L’une de ces disciplines est le dressage, qui permet au cavalier de monter en harmonie avec son cheval ou poney. Cet art constitue ainsi le fondement pour toutes les autres disciplines équestres.
Vous ne vous y connaissez pas en dressage ? Vous ne pouvez qu’observer les reprises de concours en vous demandant si ça n’est pas la preuve que la télépathie existe ? Vous vous êtes toujours dit que le saut d’obstacles offrait plus de sensations fortes ? Venez en apprendre un peu plus grâce à cet article et peut-être changerez-vous d’avis sur le dressage !

 

L’épreuve de dressage : objectif et environnement

Une reprise de dressage est une épreuve au cours de laquelle le couple cavalier/cheval doit réaliser une succession de figures à l’allure demandée. Le but de cette discipline est, pour la Fédération Française d’Équitation, d’obtenir un cheval ou poney « calme, souple, délié et flexible, mais aussi confiant, attentif et perçant, étant ainsi en parfaite harmonie avec son cavalier ».
Il existe deux types de reprises : imposée ou libre en musique (RLM). Pour la reprise imposée, le programme (enchaînement des figures, allure…) est déterminé à l’avance et il est le même pour tous les concurrents. Dans le cas de la reprise libre en musique ou Kür, chaque candidat a certains éléments imposés par le jury à faire apparaître dans son enchaînement, mais il choisit l’ordre dans lequel il exécute les différentes figures ainsi que la musique.
L’épreuve doit avoir lieu sur un terrain règlementé : celui-ci doit être plat (sans dénivelé), souple et à base de sable. Il peut être extérieur ou intérieur et il doit mesurer 60 m de longueur sur 20 m ou bien 40 m sur 20 m selon les épreuves. Afin qu’il mesure précisément ces dimensions, une lice, c’est-à-dire une barrière qui mesure environ 30 cm de hauteur, est placée pour délimiter le terrain.

Au cours de son programme, le cavalier doit pouvoir se repérer précisément. Pour ce faire des lettres sont positionnées en dehors du terrain à environ 50 cm à l’extérieur de la lice. Une marque est placée sur la barrière, au même niveau que les lettres concernées. Voici ci-dessous le schéma d’une carrière de dressage avec le positionnement des différentes lettres :

 

Les épreuves de dressage sont classées selon plusieurs critères :
La division du concurrent (celle-ci dépend de la licence fédérale « compétition » possédée par le cavalier) : Club, Poney/Ponam, Amateur ou Pro
Le niveau de difficulté (dans l’ordre croissant de difficulté de la reprise) : 3, 2, 1 ou Élite
Le type d’épreuve* : Libre, Imposée, Préliminaire, Grand Prix

NB : Le dressage est généralement une épreuve individuelle, mais il existe deux épreuves de dressage qui se font par équipe : le Carrousel et le Pas de Deux. Ces épreuves ainsi que la reprise libre sont chronométrées : un temps dépassé donne lieu à une pénalité.

*Les épreuves Préliminaire et Grand-Prix sont aussi des reprises imposées de niveau croissant. Ainsi l’épreuve imposée sert de préparation à l’épreuve préliminaire qui prépare elle-même au Grand Prix, épreuve la plus difficile.

Ainsi tous les cavaliers, débutants ou plus expérimentés, avec une simple licence de club ou une licence pro peuvent participer à un concours de dressage. Dans tous les cas cette licence doit être une licence fédérale « compétition » : une licence fédérale « pratiquant » n’est pas suffisante pour la compétition.

L’épreuve de dressage : reprise et figures

Suivant le niveau du couple cavalier/cheval, la reprise ne sera pas la même. Les figures imposées pour chaque niveau sont indiquées sur le site de la FFE (http://www.ffe.com/Disciplines-Equestres/General/Dressage/Reprises). Voici un extrait de feuille de notation de l’épreuve Pro Élite Grand Prix donnée aux juges :

 

Remarques concernant cette épreuve et la feuille de notation relative à celle-ci (ces remarques sont spécifiques à cette reprise de Pro Élite Grand Prix et varient pour chaque épreuve) :
Pour cette épreuve, cinq juges sont présents pour donner chacun une note indépendante (les juges ne se consultent pas pour donner une note), la moyenne est faite par la suite.
Cette reprise se fait obligatoirement avec une bride et des éperons.
Nous pouvons observer des coefficients (1 ou 2) pour chaque figure, en fonction de la difficulté et le temps nécessaire.
Au total, cette épreuve comporte 33 figures notées entre 0 et 10, soit une note totale sur 390 en tenant compte des coefficients. Des notes d’ensemble sont aussi données, la note finale est donc donnée sur 450 avant d’être transformée en pourcentage :

Plusieurs figures et allures sont ainsi citées ci-dessus. L’obtention d’une exécution parfaite de chacune de ces figures, de chaque transition, la compréhension de chacune des aides* employées par le cavalier nécessitent de nombreuses années d’entraînement. Voici un petit aperçu de certaines figures et allures régulièrement exécutées en reprise :

  • Le pas est une allure à quatre temps qui peut être rassemblé, moyen, allongé ou libre. Chacune de ces allures demande une mise en main, une foulée et un engagement différent de l’équidé.
  • Le trot est une allure à deux temps séparés d’un temps de suspension et peut être rassemblé, de travail, moyen ou allongé. Lorsque cette allure est exécutée, le cavalier doit être au trot « assis », sauf indication contraire. Cette allure se prête à des figures de haute école telles que le passage (lors duquel le cheval évolue au trot rassemblé et cadencé et lève les deux membres opposés plus haut que lors des autres types de trot) ou le piaffer (sorte de passage sur place, qui montre tout de même une tendance du cheval à se porter en avant à la moindre demande)
  • Le galop est une allure à trois temps, qui est dite « galop à gauche » ou « galop à droite » suivant enchaînement des membres. Il peut être rassemblé, de travail, moyen ou allongé. Cette allure se prête à des changements de pied (sans repassage au trot).
  • Des figures sur deux pistes peuvent aussi être réalisées, telles que la cession à la jambe (image de gauche) ou l’épaule en dedans (image de droite), et ce, à différentes allures suivant le niveau de l’épreuve.
Déplacement latéral
 

Des figures d’incurvation telles que la volte (de diamètre variant entre 6 et 10m), le cercle (volte de diamètre supérieur à 10m) ou la serpentine (enchaînement de demi-cercles reliés par une ligne droite) sont fréquemment rencontrées en reprises de dressage.

*On entend par aides l’ensemble des actions que fait le cavalier avec des instruments tels que la voix, les mains, les jambes, l’assiette, les éperons, la cravache ou l’enrênement pour que le cheval exécute la figure attendue. Toutes les aides ne sont pas tolérées lors d’une reprise de dressage, l’utilisation de la voix est, par exemple, sanctionnable.

L’épreuve de dressage : la notation

Quand nous sommes spectateurs, nous ne remarquons que rarement les aides employées par le cavalier lorsque la reprise est maîtrisée, il faut un œil expert pour noter l’exécution. Pour cela, un jury de deux à cinq juges est présent : les juges sont placés dans des tribunes séparées, surélevées d’environ 50 cm et placées de 3 à 5 m de la piste, afin que chaque juge puisse voir l’ensemble de la piste.
Chaque figure est notée entre zéro et dix suivant la qualité de l’exécution qui se mesure par la précision de l’exécution (figure commencée et terminée à la bonne lettre, tracé juste), la soumission du cheval (attention et réponse aux aides), la qualité des allures (cadence, rythme, régularité…), l’impulsion (amplitude des foulées, port du cheval vers l’avant), la position du cavalier (bonne assiette, position des jambes, prise en main de l’enrênement…)… Une note artistique est aussi donnée lors de la reprise libre, selon les critères de l’harmonie de la reprise (rythme, qualité d’exécution des mouvements, harmonie entre le cavalier et le cheval…), de la chorégraphie (équilibre entre le travail aux deux mains…) et de la musique (concordance avec les allures et les changements d’allure et arrêts…).
Voici ci-dessous un tableau mettant en correspondance la note donnée par rapport à une appréciation d’exécution de la figure :

NB : Pour certaines reprises, les notes sont données au demi-point.
NB : Les aides utilisées par le cavalier doivent être le moins visibles possible afin que chaque mouvement du cheval soit obtenu sans effort apparent. L’usage de la voix est pénalisé par la perte d’au minimum deux points sur la note de la figure en cours.

La note finale est exprimée en pourcentage. Après avoir fait la somme des notes des différentes figures, celle-ci est transformée en pourcentage. Une note comprise entre 65 et 70 % est une bonne note en compétition nationale. En compétition internationale, les meilleurs cavaliers gagnent avec une note de 75 à 80 %, parfois plus.
Pour une reprise libre, un record a été établi à 90,750 % en 2009 lors des Championnats d’Europe de Windsor par Edward Gal (cavalier néerlandais) avec le cheval Moorlands Totilas.

Tenue du cavalier de dressage en compétition

Si vous avez déjà regardé des épreuves de dressage, vous n’avez pu vous empêcher de remarquer que les cavaliers sont toujours très bien habillés. En effet, pour cette épreuve, une tenue correcte est exigée. Toutes les exigences vestimentaires sont indiquées dans le règlement général ou le règlement de l’épreuve de dressage de la FFE (http://www.ffe.com/Disciplines-Equestres/General/Dressage/Reglement).
Pour les épreuves de niveau Pro, la FFE prévoit : « soit un habit ou une veste traditionnelle, un chapeau haut de forme, ou un chapeau melon ou un casque aux normes » ainsi qu’« une culotte blanche ou blanc cassé avec cravate blanche ou de chasse, des gants, des bottes noires et des éperons ». Les cavaliers ont donc sensiblement la même apparence.
Nous pouvons aussi nous intéresser au harnachement des équidés. Toujours dans la catégorie Pro, les martingales ou colliers de chasse sont interdits, tout comme les protections (cloches, guêtres, bandages – sauf pendant l’échauffement), les décorations artificielles (rubans, fleurs…) et les croupières. En cas de non-respect du harnachement autorisé, la sanction peut être l’élimination.

Vidéo d’une épreuve de dressage

Il était impensable de terminer cet article sans une vidéo montrant le niveau des meilleurs cavaliers du monde. Voici un petit film de la reprise d’E. GAL avec son cheval Moorlands Totilas lors de la finale des Championnats d’Europe de Windsor 2009.

 

Nous pouvons observer après le salut un départ du cheval au passage puis un piaffer en B avant la reprise du passage. À 4’23 nous observons une pirouette au galop, puis des changements de pied au galop sur la diagonale suivante.
L’élégance et la puissance du cheval se font ressentir à la moindre foulée, c’est un véritable spectacle, un art qu’on ne se lasse pas de regarder !

Vous pourrez maintenant regarder avec un œil avisé les prochains Jeux olympiques et apprécier la technique nécessaire pour exécuter de telles reprises avec une impression de facilité déconcertante !

 

Ursuline

Sources :

http://fr.wikipedia.org
http://www.ffe.com
http://www.feracheval.com
http://www.le-site-cheval.com

3 réflexions sur “Le dressage en compétition”

  1. Cette discipline a l’air de demander beaucoup de travail ! J’ai pu assister à des démonstrations de Dressage au Salon du Cheval, quand on ne connaît pas grand chose de cette discipline, cela peut paraître un peu… long :’)

     
  2. C’est vrai que le dressage quand on ne connait pas la discipline, cela peut paraître un peu « lent » mais tout est dans le dressage ! Dès lors que l’on connait la complexité, on comprend mieux la difficulté pour les cavaliers et on apprécie d’autant plus de voir des gestes réussis !

     

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