Les vitamines

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Qu’on les appelle petit déjeuner, déjeuner ou dîner, la principale attraction de ces moments de la journée reste la nourriture. Du pain, des céréales, des légumes, des fruits, des produits laitiers ou de la viande, peu importe car tous ces aliments sont susceptibles de contenir des nutriments, qui permettent à notre organisme de bien fonctionner. Les vitamines en sont un exemple ; n’étant, en majorité, pas synthétisées par le corps, les vitamines doivent être fournies en apport suffisant par une alimentation variée et équilibrée. Chacune d’entre elles a une fonction spécifique dans l’organisme. Dans certains cas, des suppléments vitaminiques peuvent compléter un régime qui n’en fournit pas assez.

Voici donc l’occasion d’en savoir plus quant à l’utilité des vitamines et de leurs fonctions.

Retraçons un peu l’histoire de cette molécule organique si importante…

V comme… Voler.

V comme… Voyage.

V comme… Vie.

V comme… Vita-amine!

Non, ce n’est pas une faute de ma part. Casimir Funk, en 1911, leur donna ce nom en raison du mot « vita », signifiant « vie » en latin, et du fait qu’il croyait que la substance organique qu’il venait de découvrir était nécessairement aminée (amine*). C’est ainsi que naquit le mot « vitamine », qui désignerait, encore aujourd’hui, des compléments essentiels au bon fonctionnement du corps humain.

« On est ce que l’on mange ». Cette célèbre phrase, bien qu’il ne faille pas la prendre au pied de la lettre (rassurez-vous, si vous mangez du poulet pour dîner, aucune plume ne vous poussera pendant la nuit), s’applique bien à l’effet qu’ont les vitamines. Des peuples anciens, aux prises avec des maladies inconnues caractérisées par des douleurs, ont commencé à suspecter que l’alimentation en était la cause. Ainsi, un simple changement de régime put les guérir de ces étranges maladies. Plus tard, des scientifiques reproduisirent celles-ci en découvrant qu’une alimentation uniquement composée d’aliments cuits, bien qu’équilibrée, menait souvent à ce résultat (car les vitamines sont détruites par la chaleur). Ainsi, la première vitamine fut mise en évidence en 1911 dans l’écorce du riz : la B1.

Avec la découverte des autres vitamines, naquit la vitaminothérapie, une science, qui utilise les vitamines pour traiter certains dysfonctionnements.

Mais à quoi servent les vitamines ?

– La vitamine joue, entre autres, le rôle de coenzyme, c’est-à-dire qu’elle se fixe sur l’enzyme* pour créer une réaction chimique. Elle agira ainsi avec l’enzyme ;
– Elle a une action d’antioxydante (empêche ou diminue l’oxydation*) et participe au transfert de protons et d’électrons dans la chaîne respiratoire ;
– Elle stabilise les membranes en bloquant des phénomènes d’oxydations ;
– À titre hormonal, elle déclenche aussi la synthèse d’une protéine effectrice, protéine aussi appelée « protéine de sortie », qui favorise la sortie de certains éléments hors de la cellule.

Ce sont les quatre fonctions principales de la vitamine.

Les différentes catégories de vitamines

Les vitamines sont classées selon un seul critère : leur solubilité. Les vitamines liposolubles (A, D, E et K) sont celles, qui, en plus d’être stockées par l’organisme, se dissolvent dans la graisse. À l’inverse, les vitamines hydrosolubles (toutes les B ainsi que la C) ne sont pas entreposées par l’organisme et se dissolvent dans l’eau. Ces dernières se retrouvent dans l’urine après quelques heures. Il faut donc en consommer régulièrement puisque le corps n’en fait pas de réserve. Il y a, néanmoins, un avantage considérable à cela : puisqu’elles s’éliminent rapidement, il y a peu de risque de faire des excès de vitamines hydrosolubles.
Les vitamines liposolubles, quant à elles, se lient aux lipides et sont donc absorbées en même temps que ces derniers. Elles s’accumulent dans les graisses, ce qui représente aussi bien un avantage qu’un inconvénient. En effet, consommées en trop grande quantité et pas suffisamment dépensées, elles peuvent s’amasser dans certains organes du corps tel que le foie.

Bien que la vitamine B1 ait été la première mise en évidence pour ses effets, la vitamine A est, toutefois, la première qui fut découverte – c’est pour cette raison qu’elle porte le nom de « A », première lettre de l’alphabet. C’est un chercheur anglais, Hopkins, qui fit cette trouvaille en 1913. Ce n’est qu’en 1931 que l’on put établir sa formule chimique et en 1947, réaliser sa synthèse.
Cette vitamine a nombre de propriétés, qui la rendent indispensable pour une bonne santé. En plus de jouer un rôle très important sur la vue, en permettant le fonctionnement normal de la rétine, elle aide à la croissance normale des dents et des os. La vitamine A est vitale pour de multiples métabolismes, elle permet une meilleure résistance aux infections et régularise le fonctionnement de la glande thyroïde*. On lui prête aussi des capacités à ralentir le phénomène de vieillissement cellulaire et à protéger contre certains types de cancers.
Certains symptômes peuvent traduire une carence en vitamine A, notamment pour des maladies de peau, des cheveux secs, des caries, de la fatigue, une aggravation de la nervosité, des troubles digestifs et de la vue. Chez les jeunes, cela peut même conduire à un arrêt de croissance.
Dans le cas contraire, un excès se traduit par des vomissements, des nausées, des troubles de la vision, des maux de tête, une perte de cheveux, une peau sèche, une fragilité osseuse ainsi que des problèmes d’anorexie.

Pourquoi vitamine avec un « s », ici ? Tout simplement parce qu’il existe plusieurs types de vitamine B : les vitamines B1, B2, B3, B5, B6, B8, B9 et B12. Les cas de malnutrition et d’alcoolisme augmentent les risques de carence en ces vitamines.

La vitamine B1, aussi appelée thiamine, est très importante dans le processus d’assimilation des aliments et fournit l’énergie à l’organisme. Parmi ses autres propriétés, cette vitamine stimule l’appétit et est, donc, souvent prescrite dans les cas de perte de poids ou d’anorexie. Puisqu’elle est hydrosoluble, donc non conservée par le corps, il est très rare d’en prendre en excès. Une carence peut, dans les cas les plus graves, mener à une maladie appelée Béribéri, qui se traduit par une insuffisance cardiaque et des troubles nerveux.

La vitamine B2, aussi appelée riboflavine, joue un rôle dans la production d’énergie, tout comme la B1. Elle se trouve naturellement dans certains organes comme la rétine, où elle favorise la vue dans la semi-obscurité. Elle augmente aussi la résistance du corps au froid et est indispensable au système nerveux. L’excès, comme la carence, est rare puisque l’organisme en synthétise seul. La carence cause, toutefois, des problèmes de peau, des troubles oculaires et de la fatigue.

La vitamine B3, aussi appelée vitamine PP, est produite en quantité insuffisante dans le corps. Il faut donc en apporter par l’alimentation, notamment via le poisson et la viande. Elle diminue la production de cholestérol et participe à la fabrication de l’hémoglobine* ainsi que des hormones sexuelles et de l’insuline*. Elle a de nombreuses autres fonctions au niveau du système nerveux et digestif. La carence de cette vitamine est très répandue dans les pays d’Afrique et d’Asie et peut mener à une maladie appelée Pellagre, qui, si elle n’est pas soignée, peut devenir mortelle. «On parle de maladie des « quatre D » : dermatite*, diarrhée, démence et décès.» (1)

La vitamine B5, aussi appelée acide pantothénique, est essentielle au fonctionnement nerveux et tégumentaire*. Elle l’est encore davantage dans le processus de protection et de régénération des cellules et peut aussi stimuler la fertilité. Contrairement aux autres vitamines du groupe B, elle intervient très peu dans la production d’énergie. Les carences et les excès sont très rares.

La vitamine B6, aussi appelée pyridoxine, est la vitamine la plus connue du groupe B, par son effet favorisant l’assimilation du magnésium dans les cas de fatigue ou de stress. Elle permet, entre autres, une meilleure résistance à l’effort, influence la croissance et est essentielle à la formation d’anticorps. Une carence entraîne des troubles digestifs, cutanés, nerveux, psychiques, ainsi que des problèmes de croissance et une baisse de l’immunité. L’excès, lui, peut conduire à des lésions du système nerveux.

La vitamine B8, aussi appelée vitamine H ou biotine, est majoritairement synthétisée par l’organisme. Elle protège la peau et les ongles et ralentit la chute des cheveux. Elle aide aussi à l’utilisation des vitamines B9 et B12. La carence, bien que très rare, entraîne des troubles cutanés, digestifs, psychiques et neurologiques. Elle peut aussi provoquer des douleurs musculaires. Les excès sont encore plus rares du fait que cette vitamine est généralement bien tolérée, même en grande quantité.

La vitamine B9, aussi appelée vitamine M ou acide folique, est très importante dans la synthèse de l’ADN et est indispensable à la formation de globules rouges. Chez l’embryon, elle est aussi essentielle au développement du tube neural*. Une carence de cette vitamine peut causer des troubles de croissance, une anémie, des troubles psychiques et digestifs. Pendant la grossesse, elle peut même entraîner un avortement spontané. L’excès est très rare, car lorsqu’il y a une trop forte présence de cette vitamine, l’élimination urinaire augmente.

La vitamine B12, aussi appelée cobalamine, favorise la reproduction et la croissance des cellules. Elle lutte contre l’anémie*, participe à l’élimination des toxines, possède des propriétés antiallergiques et est indispensable au bon fonctionnement du cerveau. La carence se caractérise par une inflammation de la langue, des allergies, des douleurs musculaires, etc., alors qu’un très gros excès ne favorise que l’acné.

C’est maintenant le tour de LA vitamine la plus connue : la vitamine C ! C’est grâce à ses effets anti-fatigue, surtout à l’aube de l’hiver, qu’elle est conseillée par les médecins. Puisqu’elle n’est ni synthétisée par l’organisme, ni stockée, une alimentation riche en fruits et légumes est de mise. La vitamine prévient aussi des petites maladies, comme le rhume. Son association avec la vitamine E prévient le vieillissement prématuré des cellules. Elle favorise le renforcement du système immunitaire, combat certains cancers et autres maladies graves, contribue à la fabrication des globules rouges, favorise la production de collagène et une longue liste s’ensuit.
En cas de carence, les effets sont nombreux et très graves. C’est le cas du scorbut, causé par une déficience en vitamine C. La carence se caractérise par une cicatrisation lente, des problèmes de croissance des os, des pertes de poids, des troubles du sommeil et, parfois même, par une dépression.

Cette vitamine étant hydrosoluble, il est très rare de noter un excès. Néanmoins, dans certains cas, cela peut apporter des troubles digestifs et urinaires.

Vient ensuite la vitamine sunlight ! C’est grâce à la lumière du soleil que le corps en produit. Elle a un effet très important sur la fixation du calcium sur les os. La vitamine D a été découverte à partir d’études sur le rachitisme, une maladie de la croissance chez le nourrisson et le jeune enfant. Elle est liposoluble, ce qui veut dire qu’elle est accumulée dans l’organisme. Elle prévient l’apparition du rachitisme et est essentielle à la coagulation sanguine, en plus de favoriser la régulation cardiaque et de renforcer le système immunitaire.
La carence, souvent causée par un manque de soleil, fait en sorte que la fixation du calcium sur l’os se fait plus difficilement et causera donc des douleurs osseuses. Chez les jeunes enfants, cela entraînera le rachitisme.
À l’inverse, un excès de vitamine D pendant la grossesse peut occasionner un avortement. Cela entraînera aussi des troubles neurologiques. Puisque la vitamine D est liposoluble, elle peut devenir très toxique, car l’organisme l’emmagasine.

Vous connaissez certainement cette vitamine pour ses effets bénéfiques sur la peau. Sinon, vous voilà maintenant renseignés : cette vitamine contribue au maintien de l’hydratation de la peau. Elle est aussi un puissant antioxydant, diminue le taux de cholestérol et protège contre certains cancers. La vitamine E est essentielle durant la grossesse, car elle est nécessaire au développement des tissus générateurs de sang chez le fœtus. 
Chez l’adulte, la carence pourrait conduire à des troubles de la reproduction, des faiblesses musculaires, une baisse de la vision, le vieillissement de la peau et, pendant la grossesse, pourrait occasionner la naissance d’enfant mort-né.
Quant à un excès, encore une fois très rare, il pourrait être traduit par une cicatrisation lente.

La vitamine K, produite majoritairement par l’organisme, joue un rôle primordial dans la coagulation du sang et intervient aussi dans la fixation du calcium sur les os. Une carence entraînera donc un allongement du temps de coagulation, ce qui causera une prédisposition aux ecchymoses, aux saignements, aux menstruations abondantes, ainsi qu’à des hémorragies internes dans les cas les plus graves.
Un excès ne sera pas dangereux, à moins d’être prise en quantité très exagérée : cela provoquera éventuellement des caillots sanguins.

Eh oui, parce que nous ne sommes pas tous des professionnels de la santé ou des scientifiques acharnés, voici le répertoire des mots trop compliqués pour le commun des mortels ! Tous les mots suivis d’une * dans l’article sont ici expliqués plus en profondeur :

*Amine : « […]c’est l’association d’atomes d’azote, de carbone et d’hydrogène. » (Remercions Nova, notre étudiante en médecine, pour cette définition !)
*Anémie : c’est une anomalie au niveau de la concentration d’hémoglobine dans le sang, ce qui cause un mauvais transport de certaines molécules.
*Dermatite : c’est une maladie de peau ayant des causes multiples.
*Enzyme : l’enzyme est une protéine qui accélère les réactions chimiques. Par exemple, dans notre corps, certaines agissent pour favoriser la digestion.
*Glande thyroïde : située à la hauteur du cou, la thyroïde sécrète des hormones dans tout le corps.
*Hémoglobine : c’est une protéine que l’on retrouve dans les globules rouges et qui permet aux molécules (oxygène, dioxyde de carbone, …) de s’y fixer. C’est elle qui donne la couleur rouge à ces globules.
*Insuline : l’insuline est sécrétée par le pancréas et permet l’absorption du sucre dans les cellules de l’organisme.
*Oxydation : c’est une perte d’électrons, et parfois de protons.
*Tégumentaire : se rattache à la peau.
*Tube neural : chez les embryons, cela désigne le système nerveux primaire.

Note de bas de page : 
 (1) www.guide-vitamines.org

Voilà pour les vitamines, en espérant que cela vous a convaincu de l’utilité d’une bonne alimentation riche en cette molécule ! Bonne quinzaine. =)

Jorkane

3 réflexions sur “Les vitamines”

  1. Tiens, un petit article non commenté 🙂 (oui, je suis tombée dessus par hasard 🙂 ).

    C’est bien parce que je suis en train de revoir les vitamines 🙂 Je vais me servir de ton article pour apprendre 2 – 3 trucs en plus dessus 🙂

    (il faut aussi savoir que les vitamines ne doivent pas être prises avec excès, sauf la vitamine C 🙂 ).

    Très bon article en tout cas, très intéressant 🙂

     
  2. Super intéressant !

    Ça tombe bien ! Je viens de m’acheter des multivitamines et je voulais me renseigner sur les bienfaits de chacune d’elles. Beaucoup on des effets sur la vision en cas de carence, c’est peut-être mon problème présentement, mais bon, je vais bientôt le savoir je vais chez l’opticien bientôt.

     

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