Le système scolaire québécois

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D’un pays à un autre, la manière de former les futurs adultes peut être très différente, ce qui porte à confusion. Pour vous aider à comprendre le système scolaire québécois, voici une présentation des établissements éducatifs de cette province francophone nord-américaine !

Le système de notation

Au primaire, au secondaire et au cégep, les notes sont données officiellement en pourcentage. Les pourcentages correspondent à la proportion de bonnes réponses obtenues aux évaluations. Par exemple, si un élève perd 13 points sur 100 en donnant des réponses mauvaises ou incomplètes aux questions, il obtiendra la note de 87 %.

À l’université, les notes aux examens sont données en pourcentages, puis ramenées à des lettres. Les correspondances lettre-pourcentage ne sont pas les mêmes d’un établissement universitaire à un autre. Prenons par exemple l’Université de Montréal : un A+ est obtenu grâce à une note entre 90 et 100 %, un A grâce à un résultat entre 85 et 89 %, un A- grâce à une note entre 80 et 84 %, un B+ grâce à un résultat entre 77 et 79 %, etc. Si vous voulez en savoir davantage sur toutes les équivalences, voici le tableau officiel.

L’école primaire

Le cheminement typique

Sans dérogation, les Québécois entrent pour la première fois à l’école à l’âge de 5 ans, en maternelle. Cette première année scolaire est suivie par six autres années. Si un enfant ne redouble pas, il sortira donc de l’école primaire à l’âge de 12 ans.

Les six années qui suivent la maternelle sont divisées en trois cycles de deux années chacune. Pour passer au cycle suivant, il faut que les élèves obtiennent la note de passage, soit 60 %, dans tous leurs cours.

Au primaire, les enfants sont petit à petit introduits aux bases des matières suivantes : français, mathématiques, anglais, univers social, sciences, arts (arts plastiques, musique ou arts dramatiques), éthique et culture religieuse ainsi qu’éducation physique. Généralement, les élèves gardent leur enseignant de base pour toutes les matières, sauf pour l’anglais, les arts et l’éducation physique.

L’école secondaire

Le cheminement typique

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Un élève qui a commencé son école primaire à 5 ans et qui n’a pas redoublé entre dans un établissement d’enseignement secondaire à 12 ans. S’il étudie dans le but d’obtenir son diplôme d’études secondaires (DES), il restera à l’école durant 5 ans, soit jusqu’à ses 17 ans.

Peu importe l’année qu’un étudiant a atteint, il est obligé de continuer à étudier jusqu’à ses 16 ans.

Les 4e et 5e années

En 3e année du secondaire, les étudiants doivent faire plusieurs choix pour la 4e année.

Au niveau des mathématiques, ils doivent choisir le niveau désiré : sciences naturelles (SN), techno-sciences (TS) ou culture, societé et technique (CST). Ces trois cours sont énumérés du plus difficile au plus facile. Même s’il est possible de reprendre des mathématiques plus avancées plus tard en cas de besoin, ce choix est très important, puisque certains programmes au cégep requièrent les mathématiques SN ou TS. Ils garderont le même niveau de difficulté pour leur 5e et dernière année au secondaire.

Les élèves doivent aussi faire un choix entre les cheminements scientifique ou linguistique en 4e année. S’ils veulent explorer davantage les sciences, ils choisiront entre science et technologie de l’environnement (STE) et science et environnement (SE). Sinon, ils auront des cours d’espagnol.

En 5e secondaire, l’étudiant en STE ou SE pourra poursuivre son cheminement en sciences de la nature en choisissant des cours de chimie et de physique ou de s’orienter vers les sciences sociales en étudiant l’Histoire du XXe siècle et l’économie financière. L’étudiant qui a étudié l’espagnol en 4e année devra choisir entre ces deux mêmes cours en plus de pouvoir continuer à améliorer sa maîtrise de cette langue latine.

Certains programmes d’enseignement supérieur requièrent quelques cours de sciences : il faut donc que les étudiants en tiennent compte lors de leur prise de décision. Les cours d’histoire, d’économie et d’espagnol qui remplacent les cours de sciences ne sont des prérequis pour aucun programme.

L’obtention du diplôme

Il est possible d’échouer à certains cours, mais d’obtenir le DES malgré tout. Il est nécessaire d’obtenir au minimum 54 unités (aussi appelés crédits), sur un total de 72 pour les programmes réguliers, des cours suivis en 4e et en 5e années. De ces unités, 20 doivent provenir de la dernière année scolaire.

Voici les cours obligatoires pour l’obtention du diplôme :

  • français et anglais de la 5e année ;
  • mathématiques de la 4e année ;
  • sciences et technologie de la 4e année ;
  • histoire et éducation à la citoyenneté de la 4e année ;
  • arts de la 4e année ;
  • éthique et culture religieuse ou éducation physique de la 5e secondaire.

Les élèves doivent également faire au maximum 35 fautes lors de l’écriture d’un texte argumentatif de 500 mots à la fin de la 5e année du secondaire pour obtenir leur DES. Si un élève échoue, il peut reprendre l’épreuve dans l’espoir d’écrire dans un français plus correct. Il est possible d’obtenir un échec à cause du contenu, mais un trop mauvais niveau en maîtrise des règles de grammaire, de ponctuation et de syntaxe ainsi que d’orthographe entraîne aussi automatiquement un échec de l’épreuve.

Les études supérieures

Les formations professionnelles

Certains établissements scolaires offrent des formations menant à un diplôme d’études professionnelles (DEP), à une attestation d’études professionnelles (AEP) ou à une attestation de formation professionnelle (AFP). Ces programmes sont plus courts que les autres formations post-secondaires, soit 1 ou 2 années, et les conditions d’admission sont bien plus souples. Effectivement, certains programmes ne demandent pas aux candidats d’avoir leur DES en poche, mais seulement quelques cours spécifiques.

Il est possible d’obtenir un emploi après avoir obtenu l’un de ces diplômes, mais aussi de poursuivre ses études dans le même domaine au cégep pour se spécialiser davantage.

Les cégeps

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Après avoir obtenu leur DES, les étudiants peuvent poursuivre leurs études en s’inscrivant au cégep (collège d’enseignement général et professionnel). Ce dernier leur permettra alors d’accéder à un diplôme d’études collégiales (DEC), qui leur donnera la possibilité de poursuivre leurs études à l’université ou d’obtenir un travail en lien avec leur formation. La note de passage d’un cours est de 60 %, comme au primaire et au secondaire. Toutefois, un professeur a le droit d’augmenter les résultats de ses étudiants si un examen a été raté par la majorité.

Les programmes de formation préuniversitaire

Les programmes de formation préuniversitaire permettent aux cégépiens d’acquérir les connaissances nécessaires à leur cheminement scolaire. Il n’est donc pas possible d’obtenir un emploi lié à son DEC. Un élève qui ne prend pas de retard en allégeant ses sessions (une période d’études, parfois appelée trimestre ou semestre, qui a lieu à l’automne, en hiver ou en été), en s’inscrivant à moins de cours ou en échouant à trop de cours, peut obtenir son diplôme en deux ans.

Les différents programmes sont divisés en trois grosses catégories : sciences humaines, sciences de la nature ainsi qu’arts, lettres et communication.

Le programme de sciences humaines est la formation préuniversitaire la plus populaire. Comme son nom l’indique, elle permet aux cégépiens d’être admis à l’université dans un domaine touchant les sciences humaines mais aussi l’enseignement et les mathématiques. Les options les plus populaires sont les suivantes : général, individu, administration, société et monde.

Les sciences de la nature permettent d’être admis dans un programme scientifique à l’université. De nombreux programmes accessibles aux étudiants en sciences humaines le sont aussi à ceux en sciences de la nature. Pour cette dernière catégorie, voici les options qui sont offertes dans la plupart des cégeps : sciences de la nature ainsi que sciences informatiques et mathématiques.

Les programmes d’arts, lettres et communication forment les étudiants qui ont envie de poursuivre leurs études dans un domaine un peu plus artistique. Il y a de nombreuses options disponibles dans la plupart des cégeps : arts plastiques, cinéma, littérature, média, théâtre, langues, musique, danse, etc.

Il est également possible de faire un mélange de plusieurs programmes de formation préuniversitaires, donc d’étudier par exemple en sciences de la nature et en musique simultanément.

Les programmes de formation technique

Les programmes de formation technique permettent aux étudiants de pratiquer un métier dès leur graduation. Dans ce cas-ci, les étudiants doivent rester au cégep durant au minimum trois ans pour obtenir leur diplôme.

Il existe trop de programmes différents pour qu’il soit possible de tous les nommer, et j’invite donc les intéressés à consulter la liste complète.

Certains cégépiens inscrits à ce type de programme peuvent choisir de continuer leur formation à l’université. Dans ce cas-ci, leur cote R, qui sera expliquée quelques lignes ci-dessous, sera très importante.

Les cours obligatoires

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Peu importe la nature du programme, il existe des cours obligatoires à l’obtention d’un DEC. Il faut avoir réussi quatre cours de littérature, trois cours de philosophie, trois cours d’éducation physique et deux cours d’anglais. N’ayez pas peur, il n’est pas nécessaire d’être bilingue pour obtenir son diplôme : les cours d’anglais dans les cégeps francophones ou les cours de français pour les cégeps anglophones, sont offerts à différents niveaux adaptés à tous les étudiants.

L’Épreuve uniforme de français

L’Épreuve uniforme de français est un examen auquel les cours de littérature préparent les élèves. Ces derniers ont 4 heures pour écrire une dissertation sur un sujet imposé avec des textes reçus au début de l’épreuve. Le contenu est évalué au même titre que les fautes de français : il est donc possible d’échouer autant à cause du fond que de la forme du texte.

Pour obtenir un DEC, il est obligatoire d’obtenir la note de passage, 60 %, à l’Épreuve uniforme de français et de faire moins d’une faute de français tous les 30 mots. Si ce ratio est dépassé, l’élève devra reprendre l’examen jusqu’à ce qu’il réussisse à faire assez peu de fautes.

La cote R

La cote de rendement collégiale, communément appelée « cote R », est généralement plus importante pour les collégiens qui se trouvent dans un programme de formation préuniversitaire. En effet, c’est le facteur qui a le plus de poids dans une demande d’admission à l’université. Plusieurs programmes universitaires imposent une cote R minimum aux futurs étudiants.

Le calcul pour l’obtention de cette fameuse cote R est assez complexe, et il est impossible de prédire avec exactitude son pointage sans avoir accès aux informations confidentielles des autres élèves. En effet, les étudiants au cégep connaissent seulement leur note ainsi que la moyenne et l’écart-type de leurs groupes. Or, la cote R est influencée par ces trois données, mais aussi par un indice de force du groupe, par le taux de réussite du cours à travers la province, par tous les groupes d’un même professeur et par les notes précédentes de l’étudiant.

Néanmoins, il existe des sites comme celui-ci qui offrent aux étudiants une prédiction de leur cote R si ceux-ci fournissent leur note finale, la moyenne de leur groupe, l’écart-type de celui-ci et la moyenne au secondaire des élèves du groupe (qu’il faut donc estimer). Comme vous l’avez deviné, il ne faut pas vous y fier parce que plusieurs données ne sont pas prises en compte dans ce calcul.

Cette cote est sur 50, mais il est impossible d’atteindre 50 en pratique (une cote R de 40 pour un cours est exceptionnel). Par exemple, une excellente cote R générale est de 34. C’est ce qui est demandé aux cégépiens qui veulent poursuivre leurs études universitaires en médecine. Les baccalauréats en médecine sont ceux qui sont les plus contingentés et ceux pour lesquels la cote R minimale demandée est la plus haute.

Il existe une cote R générale calculée en fonction des cotes R obtenues à chaque cours en fonction du temps passé en classe. Par exemple, un cours d’éducation physique vaut moins de crédit qu’un cours de littérature, parce qu’un cégépien passe deux heures dans le premier et quatre heures dans le second.

En cas d’échec à un cours obligatoire à la formation d’un étudiant, ce dernier doit reprendre son cours et obtenir la note de passage. La nouvelle cote R pour ce cours est composée à 50 % de celle obtenue lors de son échec et à 50 % de celle obtenue lors de la réussite. Par exemple, un élève qui rate un cours pourrait obtenir une cote R de 17. En reprenant son cours et en le réussissant à une session suivante, sa cote R pour cette reprise pourrait être de 25. La moyenne de ces deux cotes R, soit 21, serait sa cote R finale pour ce cours.

Les universités

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Après avoir suivi un programme de formation préuniversitaire, les étudiants qui respectent les prérequis du programme qu’ils visent peuvent poursuivre leurs études à l’université. Des Québécois pourraient être admis grâce à leur expérience professionnelle jugée suffisante dans certains cas sans qu’ils n’aient obtenu un DEC.

À l’université, la note de passage varie d’un département à un autre au sein d’un même établissement scolaire. Par contre, de manière générale, il faut 50 % ou 60 % pour réussir un cours. Toutes les notes en pourcentage sont ramenées à des lettres (A+, A, A-, B+, B, B-, etc.) associées quant à elles à une cote généralement sur 4,3, qui correspond à une moyenne cumulative. Ceci change d’une université à une autre et voici le tableau officiel  pour les plus curieux.

Cette moyenne cumulative établit si un étudiant peut passer à un cycle supérieur ou s’il peut changer de programme.

Les certificats

Pour obtenir un certificat, il faut étudier durant une année complète pour accumuler 30 crédits. Il s’agit d’un diplôme de 1er cycle. Généralement, un certificat ne mène pas à un titre professionnel, mais il permet parfois d’acquérir des connaissances supplémentaires requises par un employeur. Les universitaires qui étudient au certificat sont donc souvent des travailleurs actifs ou des étudiants qui n’étaient pas assez forts pour entrer au baccalauréat (un autre type de programme) et qui espèrent être transférés dans ce programme en obtenant d’excellents résultats.

Les baccalauréats

Pour détenir un baccalauréat, un universitaire doit étudier durant 3 ou 4 ans à temps plein pour amasser un total de 90 à 120 crédits. Plusieurs baccalauréats mènent directement à une carrière, mais ce n’est pas le cas de tous. Certains universitaires doivent poursuivre des formations demandées par l’ordre de la profession qu’ils visent, d’autres termineront seulement leurs études après leur maîtrise ou leur doctorat.

En France, un baccalauréat correspond à une licence 3.

Le diplôme d’études supérieures spécialisées

Pour étudier dans un programme qui mène à l’obtention d’un diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS), il faut avoir fait préalablement  un baccalauréat et respecter certaines exigences académiques propres aux différentes spécialisations. Un DESS s’obtient grâce à 45 unités et mène parfois à un emploi, d’autres fois à une maîtrise.

Les maîtrises

Après avoir obtenu un baccalauréat ou un DESS (le préalable dépend de la profession) tout en respectant les exigences académiques, l’étudiant peut accéder à la maîtrise. Celle-ci s’obtient généralement en 2 années et avec 45 unités.

En France, ce diplôme de deuxième cycle équivaut à une année d’étude complétée après un master.

Les doctorats

 

Pour accéder au doctorat, il faut avoir complété une maîtrise en ayant obtenu des notes suffisantes. Si l’universitaire étudie à temps plein, il réussira à obtenir son diplôme de 3e cycle, soit un doctorat en 3 ans en ayant accumulé 90 unités.

Voilà ce qui conclut donc cet article décrivant sommairement le système scolaire québécois ! Le connaissiez-vous auparavant ? Est-ce que vous arrivez à le comprendre davantage maintenant ? N’hésitez pas à nous dire ce que vous en avez pensé en laissant un commentaire.

Véronique B.

Sources texte

Gouvernement du Québec

Cégep Rimouski

SRAM

Sylvain Lacroix

Choix Avenir

Tshakapesh

Go For A Plus

Université Laval

Métiers Québec

Cache Média

CSKAM

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3 réflexions sur “Le système scolaire québécois”

  1. C’était un article super intéressant. Votre formation est assez différente de la notre, par exemple on peut rater certaines matières en primaire / collège / lycée (avant 18 ans et le baccalauréat) sans pour autant devoir recommencer une matière (coucou j’avais que des D (soit < 5 /20 ou moins de 20 % pour vous en histoire et géographie au primaire (de 8 à 10 ans) ^^ ). Finalement vous êtes sous pression toute votre vie, même si c'est utile pour plus tard et si c'est formateur, vous ne pouvez JAMAIS lâcher quoi, vous ne pouvez pas vous permettre d'avoir une relâche à quelques épreuves penadnt quelques mois de votre vie si vous voulez faire médecine (je reprends cet exemple car tu l'as utilisé en disant que c'était très dur). Bref voila :p

     
  2. Félicitations pour votre article détaillé sur le système scolaire québécois ! Vous avez couvert tous les aspects importants et fourni des informations très utiles pour les parents et les étudiants. Je suis curieux de savoir comment vous avez personnellement vécu votre scolarité au Québec et si vous avez des conseils pour les étudiants internationaux qui cherchent à étudier au Québec. Merci encore pour cet excellent article !

     
  3. Bonjour,

    Je tiens à vous féliciter pour cet article très intéressant sur le système scolaire québécois. Votre analyse est pertinente et permet de mieux comprendre les enjeux de l’éducation dans cette province.

    Je serais curieux d’en savoir plus sur les différences entre le système scolaire québécois et les autres systèmes scolaires canadiens. Peut-être pourriez-vous écrire un prochain article sur ce sujet ?

    En tout cas, merci pour cette lecture enrichissante !

    Bien à vous.

     

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